Association Sport et Nature de Succieu

Marathon de Lyon, 07 octobre 2018, ma course vue de mon forT intérieur

 
Dimanche 07 octobre, une heures du mat' à Succieu. Pour ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de visiter, c'est ici : 45.528404 - 5.339060. Mauvaise nouvelle, j'entends la pluie tapoter sur les chenaux ! Après un été avec moins de un orage par mois depuis mi-juin, c'est vraiment pas de chance...ça sent déjà la course sou la pluie ! Du coup cogitation intérieure : manches courtes ou manches longues ? Kway ou T-shirt ? Et zut, je décide de ne rien décider ...on verra demain matin si il faut refaire le sac !
 
3 heures de mat'. Mauvaise nouvelle, j'entends toujours l'eau couler das les chenaux. Pile ce qu'avait prédit Météo-France. Bonne nouvelle, il me reste encore deux heures 45 à dormir...l'équivalent d'un honnête 32 km à mon allure à rester au chaud dans mon lit...c'est bon ça !
 
5h45 et hop, je saute dans mon caleçon ; mais pas à pieds joints car je n'ai jamais su faire, malgré des heures d’entraînement ! Faut dire aussi que j'ai plutôt pratiqué la discipline en amateur, c'est à dire sans utiliser de plan d’entraînement. Pas comme le running, où je suis à la lettre les conseils de la blogosphère, et de mes coachs.
 
Arrivée sur la place Bellecour, il pleut toujours. Bon, il pleuviote plutôt, mais juste de quoi ne pas donner envie d'aller poser le sac à la consigne. Huit heures, il faut y aller quand même, sinon je ne serai pas à l'heure dans mon sas. Sur les conseils de coach Pat', j'ai emmené mon Kway.  Gros questionnement intérieur...Comme la plupart des coureurs autour de moi qui semblent aussi partagés à 50/50. Sur les conseils de coach Steph', je le laisse à la consigne. Je reste donc finalement en T-shirt.
 
Sas de départ, comme à la SNCF on part à l'heure après un gros clapping qui réchauffe un peu les épaules. Bonne nouvelle, il ne pleut plus...mais j'ai déjà les pieds mouillés en passant dans les flaques d'eau pour accéder au sas. Mes fidèles M880v6 de chez coach Phiphi font déjà la moue...faire le tour de la ville en partant mouillées...pas glop !
 
Km 10, jusqu'ici tout va bien. Sauf que la chaussée glisse un peu. Je refais intérieurement ma préparation : j'ai bien mis de la graisse sous les pieds, et pas sous les semelles de mes chaussures. Pas possible donc que ce soit un mauvais réglages de mes M880, ouf ! Je fais l'hypothèse que l'huile des véhicules s'est accumulée tout l'été, à cause du manque de pluie qui habituellement la nettoie naturellement. Note pour plus tard : pensez à démontrer l'hypothèse en faisant un de ces jours une expérience sur les routes de Succieu, avec un vieux bidon d'huile. Mais vous ai-je déjà parlé de Succieu ? C'est là qu'est le siège de l'association sport-nature de Succieu. Où je m’entraîne avec mes mentors.
 
Km 11, mauvaise nouvelle : la pluie tombe. Km12, mon T-shirt est trempé. Ça va être long. Bonne nouvelle, j'ai déjà fait le quart de la course.
 
Km 15, avec la pluie et les chaussures mouillées, j'ai l'impression que mes pieds ont rétrécie ! Ayant étudié le parcours, je sais que bientôt il y a le tunnel de la Croix-Rousse. J'ai profiterai pour refaire mes lacets.
 
Km 16, le tunnel. J'en profite pour sécher mes fringues de course. Des spectateurs malins se sont positionnées dedans pour nous encourager. Ils sont au sec. L'idée est à retenir. Je refais mes lacets...ça me sert beaucoup trop. Pas le temps de redéfaire, je resterai comme ça jusqu'à la fin. Juste surveiller de temps en temps que le sang circule encore jusqu'aux orteils. Dans le tunnel sont projetées plein d'images de la ville de Lyon...pratique...on visite en restant au sec. Note pour plus tard : il faudra que je revienne plus tard les regarder tranquillement. Au bout du tunnel, la lumière. Mauvaise nouvelle : il pleut toujours.  Dans la descente du pont de Lattre de Tassigny ( l'homme qui a libéré Lyon en septembre 1944, faut-il le rappeler), un orchestre joue du Nougaro...sympa...mais je m'aperçois que mon cardio s'emballe...moins sympa. Analyse express faite, il se trouve que comme mes chaussures, mon poignet a rétrécie avec la pluie. Je resserre un cran du bracelet. Tout rentre dans l'ordre.
 
Km 19, on longe le parc de la Tête d'Or par les quais, alors que l'on croise les coureurs qui ont déjà 5 km d'avance sur nous. Ils ont les traits tirés. Mais ils avancent sacrément vite.
 
Km 20, on entre dans le parc. Aïe, j'ai un caillou dans ma chaussure. Me revient alors cette sagesse de Lao Tseu : « ce n'est pas le caillou dans ta chaussure qui t'empêche d'avancer, mais l'importance que tu lui donnes ». Il est fort ce Lao Tseu. Je décide d'ignorer le caillou. Mauvaise nouvelle : mon mollet gauche me demande de ralentir. Deux cailloux à gérer ça fait trop, je lève le pied.
Km21 je croise un écureuil qui n'a pas écouté coach Pat' : il n 'a pas son Kway. Mais sympa de le voir évoluer sur terrain mouillé. Au milieu de l'apaisante végétation du parc, je laisse divaguer ma pensée.
 
Km 22, un couple de canard décide de traverser juste devant moi...n'ayant pas encore de chaussures autonomes (est-ce un truc déjà dans les tuyaux des fabricants Phiphi ?), je dois sortir de ma méditation et faire une embardée sur la droite. Je les évite. Ouf ! Chacun vaque à ses occupations. Néanmoins j'envie les canards qui se foutent royalement si c'est coach Pat' ou coach Steph' qui a raison sur la tenue adéquate à porter en ce jour de Saint Serge.
 
Km 25, bonne nouvelle, plus de douleur dans le mollet gauche. Mauvaise nouvelle, la douleur est passée dans le mollet droit.
 
Km 26, à la sortie du parc nous croisons ceux qui entrent. Ils ont les traits tirés. Et puis ils sont aussi mouillés que moi. Rassurant : la course est équitable !
 
Km 28...j'ai faim...il y avait bien des bananes aux ravitaillement mais les bénévoles ont jusqu'ici oublié de les éplucher. Je ne sais pas si vous avez déjà essayer d'éplucher une banane, tout en surveillant votre cardio et en évitant les gouttes ? Pour moi, c'est hors de portée. Je décide alors de percuter  le sachet la gomme de sucre fournit par coach Phiphi, et d'en avaler une.
 
Km 30,  ravitaillement...le Bon Dieu est avec moi : les bananes sont épluchées. Je m'arrête, en mâche une tranquillement, et repars. A ce moment là, la pluie a laissé place à de la bruine. Autre bonne nouvelle, je n'ai plus de douleur dans le mollet droit. Bien que longeant le Rhône de l'amont vers l'aval, je n'ai pas l'impression d'être en descente. Note pour plus tard : vérifier que le Rhône ne s'est pas trompé de sens.
 
Km 35, la banane a ses limites : j'entre dans le dur. Ce point caractéristique où quand on croit appuyer sur le champignon, le GPS s'obstine à ne pas vouloir indiquer le changement de rythme. J'insiste. Encore. Mais le GPS a le dernier mot.
 
Km 36, le Pont Raymond Barre...c'est une colline !...c'est un coteau...Que dis-je, c'est un coteau ? ... c'est une montagne ! (merci Cyrano pour m'avoir soufflé la tirade). Le descente est nettement plus à mon avantage : en position de l'oeuf, comme Killy en 68...et hop, virage à gauche sur les carres, je glisse vers la confluence du Rhône et de la Saône. Je remonte la Saône. Le GPS est toujours aussi obstiné.
 
Km 41, j'aperçois Tatiana au bord du parcours. Grosse perf' de sa part qui me rattrape et me double pour me prendre en photo...alors que j'avance pourtant à plein gaz ! Sympa Tatiana.
 
Km 42,195 Je casse sur la ligne d'arrivée pour faire croire que j'en ai encore sous la pédale. C'est fini. Deuxième bonne nouvelle...il ne pleut plus.
 
H+2, je suis dans ma voiture.  Je lance ma liste de lecture et je tombe sur le 3ième mouvement de la symphonie de nouveau monde, de Dvorák...Il pleut mais je m'en fout...je suis à l'abri, chauffage à fond...splendide moment.
 
Vingt-trois heures, je me couche...gros doute...est-ce qu'il est bien écrit « finisher » sur le T-shirt offert par l'organisation ? Je me relève. Je vérifie. OUUUUI ! Je me recouche. Serein.