Association Sport et Nature de Succieu

SaintéLyon 2016, un amateur éclairé DE L'ASN

Samedi 03 décembre 2016, 21h45, le bus nous dépose à Sainte-Catherine. Température proche de 0°, le gigantesque marabout est déjà occupé par les centaines de coureurs déjà sur place...il faut se faire une raison: je vais devoir attendre le départ debout et dans le froid jusqu'à 23h, comme 2000 autres partants ! La bise est légère mais transpersante ce soir dans les Monts du lyonnais. Heureusement j'ai une veste gore-tex, une polaire plus un bon jean sur moi, car j'ai prévu de me changer au dernier moment ... contrairement à d'autres qui sont venus en tenue de course (short+manches courtes)...brrrr...j'ai froid pour eux !  22h, ouf...les organisateurs ouvrent les tentes normalement réservées au ravitaillement des coureurs qui partiront de Saint-Etienne à 30km de là  à minuit: les vrais amateurs éclairés, eux ! On attendra donc tous au chaud jusqu'au départ.
23h: le temps est au sec. Pour certains c'est l'heure du marchand de sable. Pour nous c'est l'heure d'encourager la première vague qui s'élance. Certains s'échauffent encore ... curieux ... sur 44km on aura assez le temps de chauffer ! Je pars à 23h20 (sans échauffements) avec la troisième vague, enthousiaste, mais avec tout de même 4 couches de vêtements sur moi. On traverse Sainte-Catherine ; les voitures sont déjà couvertes de givre. Le coupe-vent devient vite inutile: km2 les mollets sont déjà sollicités, légèrement, mais fermement. Km 6 je transpire carrément: montée à 20% environ sur 180 de dénivellée positive ...costaud...un coureur autour de moi a pris son Tom-tom...qui nous indique que je suis déjà parti depuis 1 heure ! j'arrive au sommet: il ne me reste que 37 km à parcourir, mais je sais que j'ai atteint le point le plus haut du parcours ! Km 17, je sais que j'attaque la troisième et dernière grosse montée. Comme tous les concurrents qui m'entourent, je la fais en marchant. Une longue descente nous mène au ravitaillement. Déjà, certains n'ont plus la tête de vainqueurs. Route, chemin, route, chemin, montée, descente, montée, descente...Je suis ma feuille de route. Km 20, je double un concurrent ; il me demande de l'aide : il est tombé dans une descente il y a quelques kms ; depuis il marche, aussi il est si frigorifié que ces mains ne peuvent plus ouvrir la fermeture éclair de sa veste pour avaler une barre énergétique. Je lui ouvre sa poche, déchire l'emballage, il peut manger. Je lui souhaite bon courage et poursuit ma route. A 2h44 je suis au ravitaillement de Soucieu en Jarrest : une soupe chaude, une pâte de fruit, quelques étirements. Je repars: je me suis arrêté 8 minutes. La tête est légère, tout va encore bien pour mes mollets. Km 34, ravitaillement de Chaponost: une autre soupe, une autre pâte de fruit, un quartier de clémentine (j'en reprend d'ailleurs 2 autres car elle est excellente: juteuse et goûteuse...une qualité qui devient rare chez nos commerçants habituels; je regrette de ne pas avoir le temps de me renseigner sur le nom du fournisseur). Je continue. Jusqu'au km35 ... quelqu'un a subrepticement éteint la machinerie...la tête a beau donner l'ordre d'avancer...les cuisses refusent de se lever...les mollets refusent de faire des pas de plus de 50cm...je tombe sous les 6 km/h ! Je me fais doubler de tous les côtés...Mais qu'est-ce que je fous là ? Encore 9 km à parcourir...c'est pourtant juste le temps qu'il me fallait pour m'échauffer lors de mes séances d’entraînement ! Là maintenant, cela me parait une distance inaccessible. Km 38 j'attaque la montée des aqueducs...et je me fais doubler par le futur vainqueur de la Saintélyon. Je l'encourage, mais je me demande comment il fait pour courir à cette allure dans une telle pente ! Mes mollets sont du béton; les ligaments sur-sollicités par les nombreuses descentes dans les chemins caillouteux refusent toute coopération. Km39, mais qu'est-ce que je fais là ! Le panneau "arrivée dans 5 km" apparaît...quoi...encore 5 km...pffffffffffffffff...comment je vais faire ? et je continue à me faire doubler. Démoralisant. J'entre dans le  parc aventure de Sainte-Foy-lès-Lyon: quelqu'un a installé des marches sur le chemin: un sadique sans doute. Mes cuisses sont au supplice...quand bientôt il faut attaquer les  192 marches du  Chemin du Grapillon (je les ai compté un jour pendant un entraînement)...l'acide lactique pique encore plus ! J'arrive en bas des marches. Il fait encore nuit. Je sais que je vais arriver dans un temps inférieur à 6 heures. Objectif atteint. Le musée des confluences. Le Pont. Clin d’œil à un pote sur le bord du parcours. Je savoure. L'entrée dans la Halle Tony Garnier. La lumière. J’éteins ma frontale. Mes cuisses me remercient, les entrainements lors des sorties avec les collegues de l'assocation Sport et Nature m'ont été bénefiques,  j'aurais aimé les voir a mes cotes sur cette aventure ...  Qu'est-ce que c'est bon un thé chaud le dimanche matin !
Certains courent de jour dans la boue...quels mickeys...venez courir la nuit dans la boue et le froid...autrement plus calorifugeur !
J.B